La place du Marché

vua aérienne 1970s

Le cercle rouge entoure le perron de la place du Marché (nous en parlerons plus loin) et sert de point de repère pour comparer ces vues de 1974 5 et 2008 6

vue aérienne 2008

 

L’existence de cette place remonte aux origines de la ville, dont la population a besoin d’un marché pour s’approvisionner quotidiennement. Depuis le début du XIe siècle, la rue du Pont (celle qui menait au pont des Arches autrefois dans son prolongement) la relie à la Meuse où se développent les activités portuaires. La rue Neuvice (appellation provenant de mots latins signifiant « nouveau village ») rappelle l’agglomération marchande qui s’étendait entre la place et le fleuve.

À l’origine, la place Saint-Lambert n’existe pas, puisque cet emplacement est occupé par une immense cathédrale.

perron de beyer fin XVIII

La place du Marché à la fin du XVIIIe siècle (œuvre du peintre et dessinateur néerlandais Jan de Beyer). À l’arrière-plan, la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert.

Initialement, c’est donc la place du Marché qui constitue le centre vital de la cité ; c’est là que se trouvent l’hôtel de ville (1) et le perron (2), deux symboles forts de l’histoire liégeoise :

place du marché 2008

 

Faut-il rappeler que Liège, de la fin du Xe à la fin du XVIIIe siècle, a été la capitale d’une célèbre principauté épiscopale ? La carte qui suit donne une idée de l’importance territoriale de la principauté de Liège (au XVIIIe siècle) par rapport à la Belgique de maintenant :

carte principauté liège 1775

 

L’hôtel de ville

hôtel de ville 2004

L’hôtel de ville actuel date du début du XVIIIe siècle. Le fronton porte la date 1718 (fin de la construction entamée en 1714) ; il comporte les armoiries du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière et des bourgmestres de Lohier et de Liverlo.

Les façades ont été repeintes en rouge au tout début du XXIe siècle, comme à l’origine *.

* Peintes en rouge sang en 1750, les briques ont été couvertes d’un enduit jaune pâle au début du XIXe siècle, puis remises à nu en 1894.

 

hôtel de ville 1890

L’hôtel de ville en 1890, aux façades jaune pâle.

 

L’hôtel de ville de Liège est familièrement appelé la Violette. Ce surnom trouve son origine au Moyen Âge. Au XIIIe siècle, quand naissent les institutions communales, les magistrats chargés d’administrer la cité veulent se démarquer du prince-évêque et du palais épiscopal. Pour tenir leurs réunions, ils choisissent, place du Marché, une maison bourgeoise dont le rez-de-chaussée est occupé par des commerçants et dont l’enseigne représente une violette.

 

violette abry

Le document ci-dessus est l’œuvre de Louis Abry, chroniqueur et graveur du XVe siècle. Le dessin ne représente pas la toute première « maison de ville », mais celle érigée entre 1480 et 1498 à la suite du sac perpétré par Charles le Téméraire.

 

perron bauer XVI

Cette lithographie de Bauer dit Rebau montre la place du Marché au XVIIe siècle, avec la cathédrale à l’arrière-plan. On aperçoit à gauche l’ancienne maison communale gothique du XVe siècle. Au pied des marches de Saint-Lambert, le poteau est le pilori auquel on attachait les condamnés pour les exposer au mépris public (il s’agissait d’un endroit de justice qui sera expliqué plus loin).

 

palais art ancien 1905

Lors de l’Exposition universelle et internationale de 1905, le palais de l’Art ancien, situé sur l’île de la Boverie, comportera en son centre une reconstitution de la mythique façade.

 

La Violette du XVe siècle est détruite en 1691 lors du bombardement de la ville par les troupes françaises de Louis XIV. Il faudra attendre 1714 pour que débute le chantier de l’hôtel de ville actuel, chantier qui durera quatre ans pour l’essentiel, le parachèvement exigeant onze années supplémentaires. Les travaux sont menés par l’ingénieur Sarto, le frère dominicain Colomban et François d’Auberat, l’architecte du prince-évêque.

 

La place du Marché en 1738, dans les années 1950 et en l’an 2000 :

place du marché 1738
place du marché 1950s
place du marché 2000

 

Quelques vues de l’hôtel de ville au XXe siècle :

hôtel de ville 1914

Carte postale affranchie en 1914.

 

hôtel de ville 1950s

Dans les années 1950.

 

hôtel de ville 1961 irpa

En 1961.

 

hôtel de ville 1980

En 1980, année du millénaire de la principauté de Liège. Les drapeaux, pour la circonstance, portent les symboles des princes-évêques d’antan : la crosse (pouvoir épiscopal) et l’épée (pouvoir temporel).

 

Le bâtiment a été construit en U. En voici la façade arrière en 1912, dans les années 1960 et en 2009 (lors de la campagne électorale précédant les élections régionales) :

hôtel de ville 1912
hôtel de ville en U
hotel de ville 2009

 

Le perron

perron 2003

Dressé au centre de la place du Marché, à la hauteur de l’hôtel de ville, le perron est
le monument liégeois le plus populaire.

 

perron

Le perron en lui-même est une colonne de pierre dressée sur un piédestal de trois marches rectangulaires. Les angles reposent sur des lions couchés. La colonne est surmontée des « trois Grâces ». Une croix posée sur une pomme de pin domine l’ensemble.

Ce symbole liégeois figure bien sûr sur les armoiries de la ville :

blason Lg

Il faut le deviner dans le nouveau logo adopté par les autorités communales depuis janvier 2007 :

logo Lg

 

Le mot « perron » dériverait du latin « petra », qui signifie « pierre ». L’appellation rappelle donc le matériau de la colonne et des marches du socle* (la fontaine imposante ne sera ajoutée qu’à la fin du XVIIe siècle).

* Un perron ne désigne-t-il pas actuellement les marches qui mènent à une plate-forme à l’entrée d’un bâtiment ?

 

Les origines du monument primitif sont mal connues.

Dès le XIIIe siècle, c’est au pied de cette colonne de pierre que justice est rendue. C’est d’ailleurs à proximité qu’on établit la potence pour pendre les condamnés habitant la cité (les autres étant suppliciés sur les hauteurs de Saint-Gilles).

Au début, le perron matérialise les prérogatives et la juridiction du prince-évêque. C’est à cet endroit aussi que sont proclamés ses édits.

Au fil de l’histoire, quand le pouvoir communal se démocratise en passant des mains de l’évêque et des patriciens à celles des corporations professionnelles ou métiers, le monument devient l’emblème de l’autonomie de la ville. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, un acte officiel n’a de valeur que s’il est « crié » au pied du perron.

Après la bataille de Brustem en 1467, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire s’empare de notre cité. Le perron est le symbole des libertés liégeoises. Il est démonté de son socle et emmené à Bruges, où il est exposé comme témoin de l’anéantissement du Pays de Liège.

 

enlèvement perron

Peinture du XVIIe siècle représentant l’enlèvement du perron liégeois (http://www.chokier.com/FILES/PERRON/Icono.htm).

 

En 1477, Charles le Téméraire est battu avec son armée devant Nancy. L’année suivante, sa fille, Marie de Bourgogne, restitue le perron aux Liégeois. Cette autre peinture du XVIIe siècle nous fait assister à l’événement :

retour perron

 

perron de Wit

Le fragment de gravure ci-dessus est dû au cartographe néerlandais Frederik de Wit (1630-1706) ; on y découvre le perron surmontant une fontaine* construite en 1568 et modifiée en 1635.

* Un point d’eau potable a vraisemblablement desservi le lieu dès le Xe siècle, mais l’existence d’une fontaine n’est avérée qu’au XIIIe siècle, avec la mention de travaux hydrauliques pour « amener une eau fraîche et abondante au milieu du marché ». L’édicule a la forme d’une petite tour déjà surmontée du fameux perron.

 

En juin 1691, la fontaine résiste tant bien que mal aux tirs de canons que les troupes de Louis XIV, sous les ordres du maréchal de Boufflers, font subir au centre-ville. Elle souffre néanmoins d’un état de vétusté avancé, et il est décidé de la renouveler après qu’un vent tempétueux, en janvier 1693, ait renversé le perron qu’elle supportait.

C’est au statuaire liégeois Jean Del Cour (Hamoir 1631 – Liège 1707) qu’est confiée la tâche de restaurer et embellir la fontaine du perron. Tâche que l’artiste mène à bien de 1696 à 1697.

 

fontaine des 3 grâces

Le document ci-dessus, dû en 1779 au graveur liégeois Henri J. Godin, est intitulé « la fontaine des trois Grâces ». Jean Del Cour a en effet ajouté, au sommet du perron, un groupe statuaire représentant les antiques déesses* de la joie de vivre, l’abondance et la beauté extrême.

* Les Charites dans la mythologie grecque et les Gratiae chez les Romains.

3 grâces
Image provenant du blog  http://marynale22.blogspot.com/2014/04/une-journee-liege.html

Photo de 2014. Les trois Grâces qui supportent la pomme de pin sont des copies en matériau composite. Menacées par la pollution et les intempéries, les originales en marbre blanc sont conservées au musée du Grand Curtius.

 

monument Del Cour

Ce monument, situé place Saint-Paul, a été érigé en 1911 en l’honneur de Jean Del Cour, dont le buste est dû au sculpteur belge Paul Du Bois (Aywaille 1859 – Uccle 1938).

 

perron 1830

Un jour de marché en 1830 (aquarelle d’auteur inconnu). Le dôme que l’on aperçoit à l’arrière-plan est celui de l’ancienne église Saint-André, lieu de culte fondé autrefois par l’Ordre Teutonique, dont la commanderie était située à flanc de coteau, derrière le palais des princes-évêques.

L’édifice actuel, avec son dôme pointu ressemblant à un casque turc d’Anatolie, date de la fin du XVIIIème siècle, juste avant qu’il ne soit désacralisé lors de la révolution liegeoise. Le bâtiment, de nos jours, accueille des expositions culturelles.

 

perron 1970s

Le même endroit dans les années 1970 5 et en 2015 6

perron 2015

 

perron 1953

Pendant le tour de France 1953.

 

Perron site mesmononkes_1966a

En 1966 5 et en 1980 6

place du marché 1980

 

perron 1930

En 1930 5 et en 1975 6

perron 1975

 

Le perron et sa fontaine égaient la place du Marché, espace chaleureux voué à la rencontre et au commerce. La plupart des maisons voisines proposent un rez-de-chaussée voué à l’Horeca :

perron 2015 (2)
horeca_3
horeca_2

 

Perron Liège démontage juin 2018

En juin 2018, commence une période de restauration du monument, opération menée par l’Agence wallonne du Patrimoine en collaboration avec la Ville de Liège et le bureau d’études liégeois Greisch. La colonne est démontée ; trop abîmée, elle sera remplacée par une copie en marbre blanc de Carrare.

On remarque au sol le groupe statuaire des Trois Grâces, qui, rappelons-le, n’est déjà qu’une copie. Lui aussi sera remplacé par une copie en marbre de Carrare, dont la réalisation sera confiée au sculpteur Alexandre Callet de Soignies.

 

colonne démontée Curtius 2018

La colonne d’origine du perron, transportée au musée du Grand Curtius.

 

Remontage colonne perron ERS 2018

Le 15 novembre 2018, la nouvelle colonne est reposée au sommet de la fontaine Del Cour. La photo ci-dessus montre la mise en place du premier élément.

 

Trois Grâces ERS 2018

La nouvelle sculpture des Trois Grâces est replacée à son tour. La croix qui la surmonte doit d’abord être redorée.

 

Trois Grâces Louis Fehervari

Les Trois Grâces d’une blancheur éclatante.

 

Le reste du monument (le socle du perron et la fontaine) a été restauré sur place dans les mois à suivre :

chantier perron déc 2018_1

5 Le chantier du perron pendant le marché de Noël de décembre 2018 6

chantier perron déc 2018_2

 

La place du Marché au cours du XIXe siècle

place du marché 1831 samuel prout

Œuvre de l’artiste britannique Samuel Prout : la place du Marché en 1831.

 

place du marché 1856

Dans l’autre sens en 1856, gravure du Britannique H. Bibby.

 

place du marché 1874

Gravure de H. Hasserz, 1874 : le perron et l’hôtel de ville.

 

place du marché barclay 1885

La place du Marché et le perron à la fin du XIXe siècle (dessin de Barclay).

 

place du marché 1887

En 1887. La fontaine de la Tradition (1) et celle surnommée le Calorifère (2) font l’objet d’un autre chapitre de cet article.

 

place du marché 1890

Vers 1890.

 

Place du Marché Liège avant 1894

Avant 1894. Qui a bien pu confondre la place du Marché avec celle du Théâtre ?

 

place du marché fin XIXe

Dans l’autre sens à l’extrême fin du XIXe siècle.

 

La place du Marché de 1900 à nos jours

place du marché_01_tt début XXe

5 Au début du XXe siècle. Ces arbres sont des ormes pleureurs plantés dès 1875 6

place du marché_02_tt début du XXe

 

Place du Marché Liège début XXe

 

1904

Le marché aux fruits en 1904.

 

place du marché_03_1905

Carte postale utilisée en 1905. Désacralisée à la suite des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, l’église Saint-André est devenue une bourse aux grains.

 

place du marché_03b_1905 fontaine Montéfiore

Sur cette autre carte postale de 1905, l’ovale rouge ajouté montre une fontaine publique Montefiore*.

* Hortense Montefiore-Bischoffsheim était l’épouse de Georges Montefiore-Levi, industriel et homme politique liégeois. Elle a fait don à la ville de Liège, dès 1888, d’une série de ces fontaines qui portent son nom.

 

place du marché_04_1911

En 1911.

 

Pilori 1919

Dans l’ovale rouge, on retrouve la fontaine Montefiore déjà signalée deux illustrations plus haut. L’attroupement, sur ce document de 1919, est dû à l’affichage public d’une condamnation à mort. Cette « mise au pilori » se fait en présence de deux ou quatre gendarmes, sabre au clair. D’ailleurs cette petite partie de la place du Marché (aujourd’hui absorbée par l’espace Tivoli) a longtemps été surnommée la « place du Pilori ».

 

1924

Le marché aux légumes en 1924.

 

Place du Marché Liège 1926

Carte postale de 1926. La plupart des immeubles de la place du Marché datent des XVIIe ou XVIIIe siècles. Ils sont inscrits, tout ou en partie, au patrimoine immobilier de Wallonie.

 

place du marché_08_1930

Au début des années 1930.

 

place du marché_05_tram découvert

5 À la Belle Époque avec un tramway dans sa livrée d’été (sans parois latérales), et en 1948, avec le tram blanc (crème) des lignes 1 et 4 6

place du marché_06_1948

 

place du marché_07_1950s

Dans les années 1950.

 

Marché poissons 1950s

Le marché aux poissons vers 1950.

 

1950s_1

Fruits et légumes vers 1955.

 

place du marché_10_fin 1950s

À la fin des années 1950.

 

Dans les années 1960.

 

place du marché_09_1962

En 1962.

 

Place du Marché Liège 1960s

Dans les années 1960 (après 1962 vu la plaque minéralogique du camion).

 

Rue de Bex Liège 1969

La rue de Bex en 1969.

 

1970S_2

Le marché dans les années 1970.

 

Place du Marché Liège 1970s

À la fin des années 1970.

 

Général Jacques Liège 1978

Les rues de Bex, du Général Bertrand et Sainte-Ursule en 1978. Tous ces immeubles (à l’exception du palais de justice) seront démolis l’année suivante (voir autre article).

 

Fouilles archéologiques Liège 1979

Vue aérienne des fouilles archéologiques en 1979.

 

Fouilles archéologiques Liège 1980

Les fouilles archéologiques en septembre 1980.

 

La fontaine de la Tradition et celle surnommée le Calorifère

Les deux fontaines

Utilisons ce dessin pour identifier ces deux fontaines situées de part et d’autre de celle de Jean Del Cour supportant le perron. La fontaine de la Tradition (1) se trouve du côté de la rue Féronstrée ; le Calorifère (2), du côté de la place Saint-Lambert.

 

La fontaine de la Tradition

Fontaine de la Tradition Liège 1903

Carte postale utilisée en 1903. Le seul panneau en bronze qui figure alors sur la fontaine comporte les armoiries du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière et des deux bourgmestres * en fonction en 1719. C’est à cette année-là que remonte la construction de ce monument.

Arraché en 1794 par les vandales révolutionnaires, ce panneau a été relégué dans un magasin d’effets communaux, en attendant la vente d’autres  matériaux . On l’y a oublié jusqu’en 1811, année de sa réinstallation sur ordre du préfet Micoud (Liège faisait alors partie du Département de l’Ourthe de l’Empire français).

On parlait autrefois de la fontaine des Savetresses**, car c’était à cet endroit du marché que s’installaient les marchandes de chaussures. Son appellation de fontaine de la Tradition n’apparaît qu’en 1930***, à l’initiative du musée de la Vie wallonne, quand trois autres bas-reliefs, œuvres du sculpteur liégeois Georges Petit, sont ajoutés pour représenter des scènes folkloriques de la vie populaire liégeoise : le cramignon, les marionnettes et les botteresses.

* Nicolas-Dieudonné de Trappé et Jacques-Mathias de Lambinon.
**  Un savetier est un artisan qui raccommode les vieux souliers.
***  L’année de l’Exposition internationale de Liège.

 

Fontaine de la Tradition Liège 1930s

Deux des quatre panneaux en bronze. Celui d’origine et celui représentant des botteresses, que voici en gros plan :

Botteresses fontaine de la Tradition Liège

Les botteresses liégeoises formaient une corporation recrutée sur les hauteurs de Montegnée, Grâce-Berleur, Ans, Sainte-Walburge… Venant des terrains maraîchers, elles gagnaient les marchés de la ville pour y vendre le contenu de leur hotte pesante. Celles de Jemeppe étaient spécialisées dans le transport de la viande, qu’elles amenaient place du Marché via Tilleur et Saint-Gilles.

 

Place du Marché Liège botteresse

Une botteresse place du Marché, sur une carte postale du tout début du XXe siècle. De nos jours, il existe d’autres moyens de transport pour le secteur Horeca très présent à cet endroit :

Espace Tivoli Liège 2004

 

Panneaux fontaine Tradition Liège

Les deux autres bas-reliefs en bronze. Parmi les marionnettes, on reconnaît les personnages emblématiques de Tchantchès et Charlemagne.

 

Fontaine de la Tradition LMiège 2006

La fontaine de la Tradition en avril 2006, sanglée pour éviter la dislocation. Une restauration complète de l’édicule aura lieu de 2012 à 2014. Les travaux de démontage révéleront des vestiges de deux autres fontaines plus anciennes.

 

Fontaine de la Tradition Liège 2015

▲ La fontaine restaurée ▼

Fontaine de la Tradition Liège 2019

 

Le Calorifère

Place du Marché Le Loup XVIIIe

Une version colorisée de cette gravure de Remacle Le Loup a déjà été présentée au début de cet article. Au XVIIIe siècle, la fontaine des Savetresses a une sœur jumelle de l’autre côté du perron, un édicule identique avec le même panneau armorié.

 

Peinture François Bossuet

Cette jumelle de la fontaine des Savetresses, on la retrouve sur ce tableau de François Bossuet, représentant les lieux vers 1840. Elle a été démolie en 1845 quand on a débarrassé les lieux des derniers vestiges de la cathédrale Saint-Lambert ; la place du Marché s’étant ainsi agrandie, et il a fallu modifié la voirie.

Ces transformations terminées, une nouvelle fontaine a été construite en 1846-1847. Réalisée en  fer de fonte  (une première, paraît-il, pour ce genre de monument), elle n’a jamais été fort appréciée par la population, qui l’a surnommée le « Calorifère », tant elle ressemblait à ce type d’ustensile de chauffage.

 

calorifère_1850

Le Calorifère vers 1850, réalisé selon les plans de Julien-Étienne Rémont, architecte de la Ville.  Cette fontaine est décorée d’animaux fantastiques et d’oiseaux, en bas-relief ; sa toiture est également agrémentée de cygnes et autres palmipèdes mouvementés. De nombreuses têtes, conçues à l’antique, crachent l’eau dans les vasques (source : CRMSF).

 

 

Place du Marché Liège 1900

Carte postale colorisée utilisée en 1900.

 

Calorifère 1911

▲ Sur ces cartes postales du tout début du XXe siècle, on distingue le panneau armorié récupéré de sa  prédécesseuse ▼

Calorifère début XXe

 

calorifère 1906

Le Calorifère sur la « place du Pilori », à côté du petit bâtiment où l’on affichait les condamnations à mort.

 

Calorifère MVW1

À l’arrière-plan : la rue Royale (qui deviendra la rue du Général Jacques en 1928) ▲
et la rue de Bex ▼

Calorifère MVW2

Le même endroit en 2019 :

Espace Tivoli rue de Bex Liège 2019

 

calorifère_1921

Cette vue date de 1921. C’est en décembre de cette année-là que le conseil communal décide la suppression de la fontaine, ce qui sera exécuté l’année suivante.

 

L’alimentation en eau des fontaines

Cliquez sur l’illustration ci-dessous pour accéder à un document PDF réalisé à ce sujet par la CILE :

Alimentation des fontaines en eau

 

Les deux guerres mondiales

La Première Guerre mondiale

Place du Marché Liège 1GM

Pillage du marché par des soldats allemands (dessin réaliste de l’artiste italien Fortunino Matania).

 

Place du Marché Liège projet de monument 1914-18

Avant la construction du mémorial interallié sur la colline de Cointe, il a existé un projet de beffroi commémoratif sur la place du Marché. Projet proposé par la Ville de Liège et dû à l’architecte Paul Jaspar.

 

50e anniversaire bataille de Liège

Aquarelle éditée en 1964 pour le 50ème anniversaire de la bataille de Liège.

 

La Seconde guerre mondiale

char US 44

Un char américain lors de la libération de Liège, en septembre 1944.

 

Place du Marché Liège 1930s_1

À l’angle de la place du Marché et de la rue des Mineurs dans les années 1930 ▲
et après la chute d’un V1 en novembre 1944 ▼

Église St-André 1944
Place du Marché Liège V1 1944

 

Place du Marché Liège 1930s_2

Les immeubles situés entre la rue du Pont et en Neuvice dans les années 1930 ▲
Les mêmes impactés par les destructions de 1944 ▼

Place du Marché Liège 1945

 

Place du Marché Liège reconstruction 1950s_1

▲ Photos des années 1950. Classées, les façades historiques sont en train d’être rebâties à l’identique. Pour certains immeubles pourtant, la reconstruction totale n’aboutira jamais, malgré les indemnités des Dommages de guerre. Ce qui explique les toitures plates ▼

Place du Marché Liège reconstruction 1950s_2

 

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10 commentaires sur “La place du Marché

  1. J’aimerais tant être projetée dans le temps, tenir mes grands-mères par la main puis les lâcher pour gravir les marches de la « Violette » et les rejoindre de l’autre côté, avec toujours cette petite crainte, de ne pas les retrouver ! Ou alors, attendre tout à côté de l’une ou l’autre, pendant qu’on les servait de produits maraîchers ou poissons frais. Merveilleux temps d’insouciance !

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  2. Vôtre website est très utile pour développer une route en Liège pour trois enfants de 9 à 12 ans, probablement en les vacances à Paques. Pour eux il est nécessaire de raconter les curiosités simple mais attrayant.

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  3. Concernant l’envoi du Perron à Bruges après la bataille de Brustem, je suis interpellé par le nombre d’erreurs de dates dans les différents documents relatant le fait.(Je ne parle pas que de vos informations!) Brustem c’est 1467 et pas 1468! Sommes-nous d’accord?

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      1. Je suppose que vous voulez dire 1468? Mais je ne suis pas d’accord! C’est suite au combat de Brustem que le perron va à Bruges. 1468 c’est le sac de Liège! 1467 c’est l’enlèvement du perron.

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