La maison Monnier

La maison Monnier et le pont Gramme de nos jours.
 

Il s’agissait autrefois de la maison du barragiste de Fétinne, lequel s’appelait Monnier à la charnière des XIXe et XXe siècle. Le barrage et son déversoir sont visibles dans l’ovale rouge que j’ai tracé sur le plan ci-dessous, dressé en 1880 par Hubert-Guillaume Blonden, directeur des Travaux publics à la Ville de Liège.

Remarquez le cours multiple de l’Ourthe à l’époque, notamment le bras appelé le Fourchu-Fossé, dont la boucle finale correspond actuellement au boulevard Émile Delaveleye :

Cliquez sur ce plan pour l’agrandir dans une nouvelle fenêtre.

 

Le barrage à aiguilles et son déversoir au début du XXe siècle (après 1905 vu la présence de la passerelle Hennebique). Ils ont été aménagés dans les années 1850 pour réguler le courant de la Meuse et de l’Ourthe. La maison du barragiste se trouve sur la pointe de terrain de droite.

Sur cette carte postale, le cours de l’Ourthe a déjà été rectifié en vue de l’Exposition universelle de 1905 (voir cet autre article). Voici quelques vues antérieures à ce gigantesque chantier :

Cette photo prise en 1886 montre le confluent du Fourchu-Fossé et de la Meuse, avec son barrage pour réguler le mélange des flots. À l’extrême gauche, il s’agit de l’embouchure du bief des Aguesses* (voir plan de 1880). Sur la butte, se trouve la maison du barragiste. Le Fourchu-Fossé attire les amateurs de pêche.

* En wallon, une aguesse signifie une pie.

 

Le même endroit que la vue précédente, mais le chantier du pont de Fragnée (1901-1904) a commencé.

 

Gros plan sur l’embouchure du bief des Aguesses en 1902.

 

La maison Monnier est aussi appelée le café de Fétinne, car l’occupant sert en même temps de tenancier de guinguette, servant à boire et à manger dans ce cadre champêtre.

 

Le bief des Aguesses vers 1900, quand il se jette dans le Fourchu-Fossé. Les arbres, à l’arrière-plan à droite, sont ceux du début du quai Mativa, à proximité de l’église Saint-Vincent qui n’apparaît pas sur cette vue.

 

À l’arrière-plan droit, on aperçoit cette fois la pointe de la Boverie, où se trouve l’Union nautique depuis 1873.

 

Le petit pont sur le bief des Aguesses, sur une carte postée en 1902. À remarquer le portique marqué « Café de Fétinne ».

 

Plan de 1905 (cliquez dessus pour l’agrandir dans une nouvelle fenêtre), avec l’Ourthe rectifiée et la maison Monnier dans son nouvel environnement lors de l’Exposition universelle.

 

Au cœur de l’image : la maison Monnier pendant la construction du pont de Fragnée et du pont de Fétinne, ce dernier enjambant le nouveau cours de l’Ourthe. À l’avant-plan, le quai Mativa, qui permettra de relier deux sites de l’Exposition universelle : la plaine des Vennes et la Boverie.

 

Photo prise pendant la construction du pont de Fragnée et des pavillons de l’Exposition universelle de 1905.

 

Dans le cadre du chantier préparatoire à l’Exposition universelle de 1905, voici le plan prévoyant le remplacement de la maison du barragiste (le pointillé est le bâtiment à démolir). En diagonale au-dessus à gauche, il s’agit du nouveau lit de l’Ourthe.

 

Les derniers jours de l’ancienne maison Monnier.

 

Cliquez sur cette photo pour l’agrandir dans une nouvelle fenêtre.

D’après Philippe Dejonc, qui m’a aimablement fourni la photo ci-dessus, l’ancienne maison Monnier n’a pas été complètement démolie, mais fortement remaniée. Il a notamment pu constater, en observant attentivement la maçonnerie au-dessus des fenêtres, qu’il existait d’anciens linteaux. On les devine noyés dans l’enduit blanc épais.

 

Suit une série de huit photos de la nouvelle maison Monnier pendant l’Exposition universelle de 1905 : 

 

Je vous invite, en cliquant ICI, à lire quelques réflexions écrites par le barragiste Monnier à propos des modifications apportées à son environnement à cause de l’Exposition universelle.

 

La maison du barragiste et le barrage à aiguilles de Fétinne sur une carte postale affranchie en 1909.

 

Dans les années 1930. Le barrage à aiguilles de Fétinne a disparu à la suite de la mise en service du pont-barrage de Monsin.

 

En 1961. Le monument dédié à Zénobe Gramme fait l’objet d’un autre article.

 

Au début des années 1960.

 

En 1970.

 

Réfection du môle de Fétinne en 1994.

 

En 2007.

 

Le niveau de la Meuse à Fragnée pendant les terribles inondations qui ont frappé la Wallonie en juillet 2021.

 

▲ Le débit de l’Ourthe est impressionnant à son confluent avec la Meuse. La rive de la maison Monnier subit d’importants dommages ▼

 

▲ La maison Monnier et son environnement après la décrue ▼

 

La maison Monnier appartient au Service public de Wallonie, département des Voies hydrauliques. Son occupante actuelle est une employée de ce département. Les circonstances tragiques de juillet 2021 l’on contrainte à abandonner provisoirement son domicile, le temps que l’on analyse la stabilité du bâtiment (renseignements obtenus par mon ami Christian Schruttinger, qui a eu l’occasion de rencontrer l’intéressée).

 

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5 commentaires sur “La maison Monnier

  1. Votre article sur la maison Monnier me fait penser à mon grand-père paternel, qui avait œuvré à le-a construction d’une passerelle métallique alors que le pont sur la meuse n’était pas encore reconstruit. Je le souviens d’une structure de métal petite en vert, avec payage et une seule voie. En reste-t-il quelques photos ?

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  2. Article très intéressant et bien documenté comme à l’habitude.
    Il est intéressant de remarquer que sur le plan avec le projet de l’exposition de 1905, les ponts de Fétinne et de Fragnée ne sont pas encore renseignés, de même que ni la zone de l’Exposition à Fragnée, ni la zone du Vieux-Liège, entre la Meuse et l’Ourthe rectifiée.
    La photo de la collection du Musée de la Vie Walonne, légéndée « Les derniers jours de l’ancienne maison Monnier » a servi pour l’édition d’une carte postale de propagande du Journal Liiège-Exposition, légendée « Les travaux – Passerelle de Fétinne et maison du Barragiste »

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  3. En complément à votre référence du Fourchu-Fossé qui constitue aujourd’hui le Boulevard Emile de Laveleye, il est amusant de remarquer également que l’autre bars de l’Ourthe correspond en grande partie au tracé de l’actuel « Boulevard de l’Automobile », le boulevard de Froidmont 😉

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