Pierreuse

Cet article constitue une nouvelle présentation de cette page publiée en 2006 : https://histoire-liege.000webhostapp.com/pierreuse/pierreuse.htm

 

Le quartier de Pierreuse est situé derrière l’ancien palais des princes-évêques (1) , au-delà de la tranchée et du tunnel ferroviaires (2). Outre bien sûr la rue Pierreuse elle-même (3), il comporte la rue Volière (4), la rue Fond Saint-Servais (5), au Pèrî (6) et la cour des Minimes.

Le même endroit en 2008, pendant la construction du nouveau palais de justice :

 

Comme nous allons envisager le passé de ces lieux, situons-les sur cette vue de 1649 :

Identifions le palais des princes-évêques et la cathédrale Saint-Lambert (1), la zone détruite à la fin du XIXème siècle lors de l’aménagement de la petite ceinture ferroviaire (2), la rue Pierreuse (3), le couvent des frères cellites, rue Volière (4), le Fond Saint-Servais (5), la rue du Pèrî (6), la porte Sainte-Walburge (7), les terrains de Favechamps (8), le couvent des Jésuites anglais (9).

 

La rue Pierreuse

 

Cartes postales du début du XXe siècle. La flèche désigne le bas de la rue Pierreuse. Dans le décor, on reconnaîtra aussi le palais provincial et la gare du Palais.

 

La rue Pierreuse est une des plus anciennes voies de Liège ; au début du VIIIe siècle, déjà, elle constitue le point de départ du chemin vers Tongres. Selon Jean d’Outremeuse, les premières habitations auraient été bâties là peu après la mort de saint Lambert en 705, ce site élevé les mettant à l’abri des inondations fréquentes de la Meuse.

On admet généralement que le terme « Pierreuse » trouve son origine dans la composition du sol de la colline, lequel est exploité pour ses grès et ses schistes houillers. Le prince-évêque Notger, à la fin du Xe siècle, a profité de cette ressource géologique pour ériger une muraille autour de la cité. Neuf siècles plus tard, le creusement du tunnel ferroviaire a permis de redécouvrir d’anciennes carrières.

En outre, depuis les temps les plus anciens, les terrains non destinés à l’extraction de la pierre ou de la houille sont consacrés aux vignobles.

C’est avec une déclivité de 14% que la rue Pierreuse gravit la colline qui mène sur les hauteurs de Sainte-Walburge. On raconte qu’elle a été la première artère empierrée de la cité, pour faire face aux torrents de boue qui dévalaient la pente les jours d’intempérie.

 

 La rue Pierreuse prend son départ rue du Palais, derrière le palais de justice. La photo ci-dessus (dont j’ignore la provenance) date probablement de la fin du XIXe siècle.

 

Photo de Paul Jaspar en 1897. Remarquez le reposoir dressé à l’occasion de la procession de Saint-Servais.

 

Le même endroit à l’aube du XXe siècle (avant 1905 puisqu’on n’aperçoit pas la gare du Palais néogothique à l’extrême gauche du document).

 

À l’aube du XXe siècle.

 

Carte postale ayant circulé en 1919. À l’arrière-plan gauche, on reconnaît la gare du palais construite à l’occasion de l’Exposition universelle de 1905. Ci-dessous, le même endroit en 1975 puis en 2008, pendant la construction des annexes au palais de justice :

Les bâtiments de droite, au 66 de la rue du palais, abritent aujourd’hui des services d’aide juridique ; il s’agit de l’ancienne commanderie des chevaliers teutoniques (voir cet autre article). À l’époque des cartes postales précédentes, l’ancien bien aristocratique abritait des artisans et des « ménages plus que modestes », dans un quartier devenu « cosmopolite et populeux ».

 

La rue du Palais et le début de la rue Pierreuse en 1969 ▲ et 2006 ▼

 

* * * * *

 

Les premiers habitants de Pierreuse ont été des notables proches de la cour du prince-évêque et des tribunaux, mais aussi des exploitants de carrières et de fosses houillères. S’y sont aussi installées des auberges et brassines (débits de boissons).

Quand la rue s’est peuplée davantage, aux XIIIe et XIVe siècles, elles s’est complétée de divers métiers : boulangers, bouchers, barbiers, pelletiers, tailleurs… et même dentellières au XVIIe siècle.

En octobre 1520, c’est par la porte Sainte-Walburge et Pierreuse que Charles Quint a fait son entrée à Liège, invité par le prince-évêque Érard de la Marck.

 

Un peu plus haut que Pierreuse, la porte fortifiée de Sainte-Walburge était incluse dans la muraille d’enceinte. Elle est ici représentée en 1639. Elle a disparu en 1817 lors de la reconstruction de la citadelle par les Hollandais.

 

Un peu plus bas, se trouvait la fausse porte de Pierreuse, ainsi appelée parce qu’elle était placée en deuxième ligne de défense. Cette arcade en est le vestige en 1815.

 

Des vestiges de la fortification ont subsisté jusqu’à la fin du XIXe siècle, comme en témoigne cette photo prise en 1897 par Eugène Polain.

 

Le sommet de la rue Pierreuse en 1936 (photo de Paul André).

Et de nos jours :

 

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Le haut de la rue Pierreuse en 1840 ▲ et en 2006 ▼

Le même tronçon en 1956 :

L’ovale rouge attire l’attention sur la ferme de la Vache, dont voici la façade en 1956 :

Cette ferme, qui remonte à la fin du XVIe siècle, a été remaniée aux XIXe et XXe siècles. Elle a été classée en 1981.

 

Le ferme de la Vache vue des jardins intérieurs.


On raconte souvent que ce vaste domaine de bâtiments, prés et jardins, a été occupé dès 1620 par des Jésuitesses anglaises, remplacées par des Sépulcrines anglaises à la suite de la suppression de leur ordre, en 1630, par le pape Urbain VIII. Ces religieuses y géraient un pensionnat fréquenté par des jeunes filles issues des plus hautes familles liégeoises ou anglaises, un externat étant réservé aux élèves de condition plus humble. Elles ont déménagé dans le faubourg Saint-Gilles en 1650, expulsée de Pierreuse lors de l’aménagement de nouvelles fortifications décidées par le prince-évêque Maximilien-Henri de Bavière.

Dans un article publié dans la Libre Belgique en juillet 2013, Lily Portugaels s’appuie sur une publication de Bruno Dumont, de l’ASBL Vieux-Liège, pour défendre l’idée que le couvent des Sépulcrines se trouvait non pas sur le site de la ferme de la Vache, mais de l’autre côté de la rue Pierreuse, sur les terres dites du Crexhant (voir ce lien).

L’appellation « ferme de la Vache » remonte au XVIIIe siècle, époque où prospère l’économie laitière. Le site est devenu, en 1854, la propriété des Hospices civils, puis de l’Assistance publique, avant d’être intégré au patrimoine du CPAS de Liège, qui y développe un projet de réinsertion sociale par le maraîchage biologique.

 

Cliquez ICI pour ouvrir une galerie de photos concernant la ferme et les terrains champêtres de Favechamps.

 

* * * * *

 

Li Vî Bon Dju de Pierreuse en 1914.

Ce groupe statuaire est composé de trois sculptures en bois polychromé, représentant le Christ en croix, entouré de la Vierge et de saint Jean. Le Christ daterait du XIVe siècle ; les deux autres statues probablement du XVIe siècle.

Cet ensemble a longtemps orné l’église Saint-Servais, avant le curé de la paroisse ne le fasse installer en 1649 à son emplacement actuel, dans le haut de la rue Pierreuse.

 

Li Vî Bon Dju en 1968.

 

La restauration du Christ de Pierreuse, probablement celle de 1977.

 

En 2006 ▲ et 2019 (après les travaux de restauration de 2016-2018) ▼

 

* * * * *

 

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, à l’époque de la révolution industrielle, le quartier devient plus populeux. Les brassines, qui pratiquent souvent la prostitution, sont fréquentées par les militaires de la citadelle et contribuent à rendre les lieux « mal famés » (étymologiquement : de mauvaise réputation). L’escalier de la montagne de Bueren*, terminé en 1880, a d’ailleurs été conçu pour permettre à la garnison d’accéder au centre-ville sans passer par la rue Pierreuse, qui lui est désormais interdite.

Au début du XXe siècle, la population reste de condition modeste et compte de plus en plus d’immigrés, tout ce petit monde disposant de ses commerces de proximité. Le quartier est décrit comme pittoresque et cosmopolite. Il intéresse les photographes, qui lui dédient des cartes postales, sur lesquelles les habitants, surtout les enfants, se plaisent à poser :

 

 

Carte postée en 1907 ▲ et le même endroit en 1925 (photo de Joseph Closson) ▼

Gros plan sur les joueurs de cartes (autre photo de Joseph Closson en 1925).

 

Rue Pierreuse Liège 1928

La rue Pierreuse en 1928 (à nouveau une photo de Joseph Closson).

 

Rue Pierreuse 1936

En 1936.

 

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Un café ▲ et une laiterie ▼ au début du XXe siècle.

 

À la fin des années 1930 ▲ et en 2006 ▼

 

▲ Au début des années 1950 ▼

Une épicerie comme celle-ci, on en dénombrait 16 en 1939 !

 

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À l’angle des rues du Pèrî, Pierreuse et Volière au début des années 1960 ▲ et en 2006 ▼

 



La potale, à l’angle des rues Pierreuse et Volière, abrite un Christ en croix du XIXe siècle. Ornée de guirlandes et de chérubins, la niche a été réalisée vers 1700.

http://lampspw.wallonie.be/dgo4/site_ipic/index.php/fiche/index?codeInt=62063-INV-2821-01

 

▲ Le lieu-dit « barricade » dans la seconde moitié des années 1960 (lieu-dit ainsi nommé en souvenir des grands meetings qui ont fait résonner la rue depuis le XIXe siècle jusqu’aux grandes grèves des années 1960) ▼

Le même endroit en 2006 et 2016 :

 

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Le bas de la rue Pierreuse en 1956.

 

Le même tronçon au début des années 1970. Le café, à gauche, témoigne de la forte présence italienne, principalement sicilienne (Lercara et Fridi).

Le même endroit en 2019 :

 

* * * * *

 

Les années 1970 sont une époque de forte contestation. Le projet d’une autoroute urbaine dite de la Corniche, imaginé dès 1964 par le groupe l’Équerre pour relier Burenville et Coronmeuse, menace une partie de Pierreuse de démolition. Et les destructions commencées place Saint-Lambert et rue de rue de Bruxelles ne laissent présager rien de bon pour le quartier.

 

Cette photo a été prise en décembre1974. Pour sauver leur quartier en danger, ces enfants prennent la pose pour participer à une protestation en forme de fête populaire.

 

Les menaces de destructions, qui n’auront finalement pas lieu, ont amené beaucoup d’habitants à quitter le quartier.

EN COURS DE CONSTRUCTION

 

Carte postale utilisée en 1906.

Photo de 1996.

Le même mur de pignon en 2016 :

Cette fresque intitulée « Ainsi… font, font, font » a été réalisée en 1999 par l’artiste liégeois Vincent Solheid. Elle représente trois hommes nus et musclés, l’un assis, l’autre marchant et le dernier courant. La ligne rouge qui traverse l’œuvre horizontalement pourrait évoquer la durée de vie d’un être humain. Plus celui-ci grandit, plus la vie s’accélère…

 

La rue Volière

 

La rue Volière relie la rue Fond Saint-Servais à la rue Pierreuse et au Pèrî.

Les intitulés de cette carte postale du début du XXe siècle mentionnent l’église Saint-Servais (1) et la rue Volière (2). La photo qui suit montre le contenu actuel du rectangle rouge :

 

En mars 2008, pendant le chantier d’extension du palais de justice.

 

* * * * *

 

Il est probable que la rue Volière ait été créée pour permettre aux habitants de Pierreuse d’accéder plus rapidement à l’église Saint-Servais.

À l’emplacement montré ci-contre, il existait, dès le XIIIe siècle, un immeuble dont la façade était ornée d’une enseigne représentant une volière. Cette enseigne a fini par donner son nom à la ruelle appelée aujourd’hui « voisinage des Cellites », avant de s’appliquer à la rue adjacente.

Une autre version raconte qu’un habitant ayant voyagé en Italie, au XVIe siècle, en aurait ramené la passion d’élever des oiseaux exotiques.

La ruelle baptisée « voisinage des Cellites » (le trait rouge sur la photo actuelle ci-dessus) donne accès à l’ancien couvent des Frères cellites (les trois bâtiments en forme de U).

 

Des Frères cellites s’installent en Volière en 1520 ; ils soignent d’abord à domicile les malades de grandes épidémies (la peste par exemple), avant de convertir leur couvent, au XVIIe siècle, en un hospice pour malades mentaux.

Cliquez sur ces liens pour accéder à des publications consacrées ces Frères cellites et à leur couvent :

https://www.chapelle-voliere.be/histoire/un-site-et-des-hommes/
http://docum1.wallonie.be/DOCUMENTS/CAHIERS/CU74/MRW037_CDU74_081-085.pdf

 

Une aile du couvent des Frères cellites et la chapelle qui leur servait d’oratoire.

 

La chapelle Saint-Roch au XIXe siècle.

La chapelle des Cellites a été édifiée entre 1557 et 1563, dédié à la Vierge Marie et à saint Roch. Le gros-œuvre a été terminé en 1558, comme l’atteste la date sur un des bandeaux de la façade.

Cette peinture de Pierre Paul Rubens (1623) représente le Christ nommant saint Roch comme patron des pestiférés.

 

La rue Volière, avec la chapelle Saint-Roch à l’arrière-plan. Photo d’Émile Baeyen, 1920.

 

La chapelle en 1918 ▲ et 1970 ▼

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est chapelle-st-roch-liege-1970.jpg

 

En 2006.

 

Cette vue aérienne montre l’ancien couvent en 2007 : le bâtiment de la Licorne où se sont installés les Cellites en 1520 (1), la chapelle Saint-Roch du XVIe, l’annexe orientale du XVIIIe (3) et l’annexe méridionale du XIXe (4).

 

Au XXe siècle, l’ancien hospice est la propriété du CPAS de Liège. Il continuera ses activités psychiatriques jusqu’à la fin des années 1980. Désaffecté, il sera acheté en 1992 par le Fonds du logement des familles
nombreuses de Wallonie, qui le restaurera pour l’aménager en appartements sociaux et bureaux.

 

Photo prise en 2006 pendant la chantier de restauration de l’ancien couvent.

 

Les complexes modernes que l’on voit à proximité de l’ancien couvent des Cellites sont les hôpitaux Agora et Pèrî, qui ont pris la relève dans les domaines psychiatrique et gériatrique.

 

* * * * *

 

Revenons-en à la rue Volière. Voici quelques photos prises au fil du temps, au départ de la rue Fond Saint-Servais :

En 1921 ▲ et 1974-1975 ▼

 

En 1955 ▲ et dans les années 1970 ▼

 

La rue Fond Saint-Servais

 

Cette rue fait l’objet d’un autre article.

 

Au Pèrî

 

Le nom « Pèrî » (écrit aussi Péri ou Péry) provient d’une carrière de pierres exploitée jadis à cet endroit ; il partage son origine avec « Pierreuse ».

 

Les vues ci-dessus (carte postale utilisée en 1909 et photo prise en 1955) montrent le bas de la rue du Pèrî, avec son escalier séculaire (on parle du XIIIe siècle) qui a été renouvelé au XVIIIe. Lors d’une autre restauration au début du XIXe, l’entrepreneur a utilisé d’anciennes pierres tombales pour servir de bordures.

Voici le même endroit en 2006 :

L’immeuble de gauche est celui de l’ancienne fondation Massillon, fondée sous l’Ancien Régime par le chanoine de Chimay Jean de Massillon, lequel voulait offrir une instruction gratuite aux enfants pauvres de la paroisse Saint-Servais.

Le portail ouvert, à droite de l’escalier, permet d’accéder à la cour des Minimes, qui tire son nom d’un ordre religieux* installé là dès 1624. Leur couvent a été pillé, vendu puis détruit en 1798, sous le Régime français.

* Fondé au XVe siècle par saint François de Paule (ville de Calabre), ermite qui poussa l’humilité jusqu’à vouloir être appelé « minime » (le plus petit des enfants du Christ), l’ordre religieux qui porte son nom respecte des règles très strictes de pénitence et de jeûne.

 

L’escalier de la rue du Pèrî vers 1905 (photo de Max Bienfait).

 

En 1956.

 

La cour des Minimes en 2006.

 

Dans le même sens en 1956.

Dans l’autre sens en 1968.

 

La cour des Minimes présente aujourd’hui des habitations privées, dont les jardins sont soutenus par des murs anciens aux allures de remparts.

Cliquez sur la photo ci-dessous pour visiter les terrasses des Minimes et des chevaliers teutoniques (photos de 2006) :

 

Les terrasses des Minimes en 1959. Les bâtiments préfabriqués sur pilotis sont ceux d’une école élémentaire, accessibles par la terrasse supérieure.

 

Gros plan sur l’édicule que l’on aperçoit au centre de la photo précédente. Il s’agirait d’un ancien vide-bouteille (petit pavillon de jardin où il était agréable de s’installer pour boire un verre).

 

▲ Photos de1956 cataloguées à l’Institut royal du Patrimoine artistique comme une « terrasse des Minimes en Péry ». Sur les deux, on aperçoit une petite partie des bâtiments scolaires signalés précédemment ▼

 

Merci de partager ou de laisser un commentaire si vous avez apprécié cet article 😉

 

Ne manquez pas de lire cet ouvrage de notre ami Marcel Conradt :

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5 commentaires sur “Pierreuse

  1. Une documentation incroyable mise en valeur par des explications d’un contenu exceptionnel… À quand un livre (mais un seul ne suffira pas) reprenant toute cette richesse historique passionnante et exclusive qui force l’admiration devant un tel travail de recherches personnelles que vous nous faites le grand plaisir de partager.

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  2. Merci pour votre superbe travail. Pour moi qui ai eu la chance d’habiter le quartier, d’y avoir œuvré pour sa fête, et même, en tant que jeune comédien, d’y avoir donné un spectacle mémorable dans la chapelle, c’est un véritable régal, et les nombreuses histoires de Germain Dufour me reviennent en mémoire. Encore Merci. (Si vous aviez des photos de différentes fêtes, cela me ferait plaisir de les découvrir.)

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  3. Quel bel article sur le plus beau quartier de Liège. Mais qu’est-ce que j’ai lu ! La ville de Liège a-t-elle voulu démolir le quartier en 1974 ? Rien que cette pensée me glace le cœur.

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