La rue des Guillemins

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L’installation, en 1842, d’une gare de chemin de fer dans le quartier des Guillemins entraîne immédiatement la nécessité de percer une voie pour la relier au quai d’Avroy*, en direction du centre de la ville.

* À cette époque, la Meuse suit les actuels avenue Blonden, boulevard d’Avroy et boulevard Piercot. Son cours sera rectifié de 1853 à 1863.

Ouverte au frais de l’État, la voie est inaugurée en juillet 1842 ; elle d’abord appelée la rue de la Station (la flèche sur le plan ci-dessus), avant de devenir la rue des Guillemins en mars 1863.

 

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Au centre de la photo ci-dessus, prise probablement en 1864*, on aperçoit la rue des Guillemins qui commence à être de plus en plus bâtie. Le cercle rouge désigne un immeuble qui remonterait au XIVe siècle, ancien manoir reconverti au XIXe en restaurant puis en atelier de carrosserie (nous en parlerons plus loin). Depuis la rectification de la Meuse de 1853 à 1863, on a aménagé un bassin de Commerce (1), en communication avec le fleuve grâce à deux chenaux, devenus l’actuelle avenue Blonden (2) et l’actuel boulevard Piercot (3). Ces voies d’eau délimitent une île en friche (4), destinée aux activités portuaires et commerciales.

* 1864 parce qu’on aperçoit dans le cours de la Meuse une structure (la flèche) qui suggère le début de la construction du pont de Commerce (1864-66). Avant 1865 de toute façon, année de la plantation d’une double rangée d’arbres dans la rue des Guillemins, arbres qui seront enlevés en 1881.

 

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Cette photo date des environs de 1890. On retrouve, dans le cercle rouge, le même contenu que sur la vue précédente.

On attribue la construction de cet ancien manoir au prince-évêque Jean d’Arckel (règne de 1364 à 1378), qui manifestait une prédilection particulière pour le couvent des Frères Guillemites et l’endroit champêtre où il se trouvait. En réalité, le dignitaire n’aurait fait que transformer un édifice plus ancien.

Le manoir était dit de la Bastrée (ou Bastrie)*. Il était autrefois entouré de douves et muni d’un pont-levis, tout comme la tour Rosen édifiée au XVIe siècle dans l’actuelle rue Bovy.

* Certains pensent que ce nom serait un dérivé de « bastide », désignant un castel, une maison forte, mais cette hypothèse est contestée.

Au XVe siècle, la demeure est acquise par la famille de Limbourg, puis au XVIe, par Gilles de Voroux, (chanoine de Saint-Martin en Mont) et ensuite par Jérôme van der Noot (chanoine de Saint-Lambert).

En 1568, les troupes de Guillaume d’Orange-Nassau ont sévi à Liège, où elles comptaient traverser la Meuse pour fuir l’armée du duc d’Albe traquant les calvinistes. Elles ont pillé et saccagé la Bastrée, ainsi que le couvent des Guillemites.

Au début du XVIIe siècle, les propriétaires étaient Gérard Charles, dit Caroli, et son épouse Marie Tabolet. Ce sont eux qui ont fait rebâtir la tour. Lui a été bourgmestre de Liège en 1631 et 1642.

 

Au XIXe siècle, le bâtiment est reconverti en restaurant et lieu de divertissement, sous le nom de Waux-Hall.

 

L’ancien manoir a fini sa carrière comme atelier de carrosserie. La tour a perdu sa toiture pyramidale à la suite d’un incendie. Observez, sur la gauche, l’ancienne porte d’entrée de style Louis XIV, surmontée des armoiries de la famille Caroli-Tabolet. À moitié ensevelie dans les terres qui ont servi à combler les douves d’antan, elle a été transformée en fenêtre.

 

L’atelier de carrosserie Walch avant sa démolition en 1904, quand a commencé le réaménagement de la rue des Guillemins en vue de l’Exposition universelle prévue en 1905.

 

Carte postale de 1900. La flèche désigne l’emplacement de la carrosserie Walch (on en aperçoit la grille). Plusieurs maisons identiques à vocation commerciale vont être construites à cet endroit. On en voit l’alignement sur la photo actuelle qui suit :

 

* * * * *

Le reste de cet article propose toute série de photos illustrant la rue des Guillemins au fil des ans.

 

L’entrée de la rue du côté du carrefour Avroy-Rogier-Blonden

 

▲ Dans la première décennie du XXe siècle. À gauche, à l’angle de l’avenue Blonden, le bistrot s’appelle le café de la Belle Vue. Serait-ce celle que les clients peuvent admirer depuis la terrasse de l’établissement ? Celle du parc d’Avroy et l’avenue Rogier, quartier somptueux conçu une trentaine d’années plus tôt par Hubert Guillaume Blonden, directeur des travaux publics de la ville de Liège ▼

 

Au début des années 1920.

 

Dans les années 1930.

 

▲ Au début des années 1960 ▼

 

En 1964 ▲ et au début des années 1980 ▼

 

▲ En 2007 et en 2020 ▼

 

La rue des Guillemins et la rue de Serbie

 

En 1900. À gauche, après l’attelage, s’ouvre la rue de Serbie, autrefois appelée la ruelle du Saint-Esprit et baptisée ainsi en 1918 pour remercier ce pays à la suite de sa participation et son attitude pendant la Première Guerre mondiale.

 

Carte postale utilisée en 1910.

 

Carte utilisée en 1912.

 

Dans les années 1930.

 

En août 2007, pendant un important chantier de réfection de la chaussée.

 

Le même chantier en mai 2008. La partie centrale en béton n’était-elle pas prévue pour supporter le passage du futur tram (qui ne passera finalement pas par là) ?

 

En juillet 2020.

 

À la hauteur des rues Dartois et Sohet

 

La rue Dartois porte le nom de Jacques Dartois (1754-1848), orfèvre, ciseleur et graveur liégeois renommé. La rue Sohet rend hommage à Dominique François de Sohet (1728 – 1811), célèbre jurisconsulte liégeois.

 

Carte postale utilisée en 1905.

 

Carte utilisée en 1907. À droite, on reconnaît les immeubles construits à l’emplacement de l’ancienne Bastrée.

 

Carte utilisée en 1932.

 

Photo du début des années 1960.

 

▲ Fin mai 2008 ▼

 

En juillet 2020.

 

Du côté de la gare

 

Carte postée en 1907.

 

Carte postée en 1910.

 

Dans les années 1950.

 

En août 2007. La gare de 1958 vit ses derniers jours.

 

En avril 2016, pendant les démolitions préparatoires au chantier de l’Office Center.

 

La rue des Guillemins et l’Office Center en 2020.

 

Dans l’autre sens

 

En 1905.

 

Carte colorisée postée en 1909.

 

En 1939.

 

En 1953.

 

En 1962.

 

En 1995.

 

▲ En avril 2016 et juillet 2020 ▼

 

À la hauteur des rues Dartois et Sohet au début du XXe siècle.

 

En 1962.

 

En septembre 1990, pendant l’enlèvement des vieux rails du tram.

 

En mai 2008.

 

En juillet 2020.

 

Au début du XXe siècle, avec l’avenue Rogier à l’arrière-plan.

Le même endroit vers 1962 :

 

En 1990, pendant l’enlèvement des anciens rails de tram.

 

 

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2 commentaires sur “La rue des Guillemins

  1. Bonjour j ai travailler dans la rue des guillemin chez un coiffeur pour dames c etait sur la droite en venant de la gare le no 80? Je ne me souvient plus du nom de se coiffeur qui jouai du violon une fois le salon fermé. Il a appris à jouer dans un conservatoire de Liege. J y ai travaillé dans les années 73, 74. Je me demande si son nom n est pas teicher le prénom ? Un violoniste du même nom Yves teicher vient de décédé à l âge de 62 ans serais ce son fils un neveu?

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